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Belfius

Les enjeux d’une entrée en bourse

Analyse n°350 de Jérôme Vanstalle - novembre 2018 Citoyenneté et Participation


Le 24 juillet 2018, le gouvernement fédéral annonçait être parvenu à un accord nommé "Jobs deal". Cet "accord d’été" prévoyait un grand nombre de mesures d’ordre politique et sociale, lesquelles continueront à faire débat pour une durée indéterminée : dégressivité des allocations de chômage, salaires basés sur la productivité, arrivée d’un quatrième opérateur téléphonique… et l’entrée en bourse de la banque Belfius.1 Cette décision est controversée par plusieurs aspects. Premièrement, certains critiquent que cette mesure soit conditionnée à une compensation partielle des coopérateurs d’Arco, ancien holding coopératif du Mouvement Ouvrier Chrétien. D’autres s’opposent plus simplement au désengagement de l’État du capital de la banque, que ce soit du fait de la perte de revenus du capital (dividendes) qu’il engendre, ou du fait que le gouvernement ferme la porte à la constitution d’une véritable banque publique dotée d’une mission d’intérêt général. Quoi qu’il en soit, l’entrée en bourse, ou Initial Public Offering (IPO) de Belfius est à présent reportée sine die. En cause : de mauvaises conditions boursières et une incertitude quant à la légalité de l’indemnisation des coopérateurs d’Arco qui doit l’accompagner. Si la coalition menée par Charles Michel veut voir son projet aboutir, le temps presse : les élections fédérales, régionales et européennes se tiendront le 26 mai prochain.
La présente analyse s’intéresse tout d’abord à la question de la privatisation partielle de la banque. Quel est le raisonnement du gouvernement fédéral derrière la vente de participations à la banque Belfius ? Qu’en est-il de ceux qui s’y opposent ? Il revient ensuite d’analyser la contre-proposition visant à faire de Belfius une banque publique dotée d’une mission d’intérêt général, non sans évoquer des exemples contemporains, ainsi que des expériences passées en Belgique, dont le Crédit Communal de Belgique, devenu Dexia Banque Belgique, devenu, après une déroute financière d’un coût de plus de 9 milliards d’euros, Belfius.2

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1 B. Demonty, D. Berns et al., "Crédit-temps, barèmes, prépensions: ce qui va changer après le jobs deal", Le Soir, 24 juillet 2018, [en ligne :] https://plus.lesoir.be/169542/article/2018-07-24/credit-temps-baremes-prepensions-ce-qui-va-changer-apres-lejobs-deal, consulté le 7 novembre 2018.
2 Pour en savoir plus sur la chute du groupe Dexia, consultez notre précédente publication : J. Vanstalle, Dexia : déjà dix ans dans les limbes, Bruxelles : CPCP, "Au quotidien", 2018.


Jérôme Vanstalle est titulaire d’un master en sciences politiques et chercheur au sein du PEPS, au CPCP.

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