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L’Egypte: la deuxième révolution

Analyse n°112 de CPCP - février 2011 Citoyenneté et Participation


Bichara Khader est un analyste respecté et reconnu du monde arabe. Professeur à la Faculté de sciences politiques, économiques et sociales de l’Université catholique de Louvain (Louvain-la-Neuve), il y dirige le Centre d’Etudes et de Recherches sur le Monde Arabe Contemporain (CERMAC) et y enseigne notamment un cours intitulé Enjeux contemporains du développement. Il a publié de nombreux ouvrages dont plusieurs sur la Belgique, l’Europe et le Monde Arabe. Il est le frère de Naïm Khader, premier représentant de l’OLP à Bruxelles, assassiné en 1981.
Il y a quelques jours, nous l’avions invité à donner une conférence pour qu’il partage ses réflexions sur les révolutions en cours en Tunisie, en Egypte et dans d’autres pays arabes et sur ce que devrait être l’attitude de l’Europe dans ces moments d’accélération de l’histoire. Lors de cette conférence, Bichara Khader s’appuyait sur deux textes, l’un sur la Tunisie, l’autre sur l’Egypte, que le CPCP, en collaboration avec le Cepess, a le plaisir de diffuser.
Le moins qu’on puisse dire c’est que Bichara Khader a le verbe clair et l’analyse tranchante.
Il rappelle, pour ceux qui en douteraient, que les peuples arabes ont la même soif de liberté et de dignité que tous les autres peuples du monde. Ils ont même un sacré cran et sont loin de l’image docile qu’on leur a parfois prêtée. Leurs revendications sont légitimes et bienvenues. L’embarras affiché par l’Europe qui a depuis si longtemps complaisamment fermé les yeux sur l’autoritarisme des dictatures arabes est scandaleux, contraire à ses valeurs. Cet embarras pourrait en outre être lourd de conséquences pour l’avenir : comment l’Europe peut-elle légitimement porter le message des droits de l’Homme dans les relations internationales si elle est si peu regardante sur ce qui se passe à sa porte ? Bichara Khader analyse aussi les particularités sociologiques et géopolitiques de l’Egypte, de la Tunisie et d’autres pays arabes qui expliquent pourquoi certains pays résistent encore à la démocratie et aux libertés fondamentales. Il souligne que la révolution tunisienne est une révolution moderne, gagnée par une population instruite et jouissant d’un certain niveau de vie.
Nous pensons que ce qui se passe aujourd’hui sur le flanc sud de la Méditerranée est d’une importance politique semblable aux révolutions qui ont bouleversé l’Europe Centrale en 1989 sous l’impulsion de Solidarnosc. C’est l’espoir de construire des relations stables, paisibles, basées sur l’Etat de Droit et la démocratie tout autour du bassin méditerranéen qui est en jeu. Bien sûr nous mesurons les risques de dérapage, mais ils seront mieux contenus si l’Europe s’engage fermement aux côtés des populations arabes dans leur aspiration à la liberté, à la justice sociale et à la dignité, si l’Europe s’active au lieu de rester au balcon, si l’Europe envoie des signaux clairs aux démocrates plutôt que de craindre la confiscation des révolutions en cours par les ennemis de la liberté. C’est pour ces raisons que nous sommes heureux de publier les réflexions personnelles de Bichara Khader.

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