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La guerre des sexes

n’aura pas lieu…

Analyse n°367 de Tanguy de Wilde d’Esmael - mars 2019 Famille, Culture et Éducation


On sait que la légende attribue à une femme la cause de la guerre de Troie. Le cœur oscillant de la belle Hélène constitua le prétexte à l’affrontement des cités respectives de Pâris et de Ménélas. Sans doute, un jour, la rectitude politique s’offusquera-t-elle de cette tendance à faire de la femme tentatrice la cause du désordre des hommes déjà révélée au jardin d’Eden. Mais trêve de polémique : aujourd’hui comme demain, la guerre des sexes n’aura pas lieu parce que les marques de fraternisation entre ennemis sont trop importantes, comme le dit la boutade du grand stratège américain Henry Kissinger. Bref, ce que le mouvement « Metoo » et ses avatars ont déclenché, ce n’est pas un affrontement entre une gent féminine, dénonciatrice en général, accusatrice en particulier, et une caste masculine sommée de rendre des comptes et d’éradiquer tout machisme rémanent. «Metoo» ne signifie pas systématiquement "Tu quoque", sauf à dériver dans le caniveau d’une chasse aux sorciers (sic), irriguée par le pilori contemporain des réseaux sociaux. L’essentialisation des hommes et des femmes serait à la fois simpliste car sans nuance, et contreproductive car sans portée. Alors même que les révélations récentes doivent interpeller chaque homme, en particulier, d’abord.

Devant la découverte d’abus de position dominante, d’excès de pouvoir, de réduction du corps féminin à un objet de prédation, une réaction courante des hommes est d’indiquer qu’ils ne prenaient pas la mesure de l’ampleur du phénomène. Sans doute est-ce une forme "d’aveuglement du Corps de garde" : on pensait que le relâchement verbal, un brin sexiste, exprimé sur un ton badin dans les heures d’oisiveté, restait à la fois au stade verbal de la gauloiserie et dans l’entre-soi du Corps de garde ou de tout autre lieu de rassemblement essentiellement masculin. Eh bien, pas du tout : il y a des passages à l’acte et c’est très répandu. Première étape indispensable : la prise de conscience ; on y est. Comment aller un pas plus loin, vers l’action bienveillante qui suppose la maîtrise des pulsions ? Tout serait très simple si les hommes enduisaient d’empathie leur rapport à l’altérité féminine.

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Tanguy de Wilde d’Estmael est Professeur à l’UCLouvain. Il s’exprime à titre personnel.

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