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Travailleurs essentiels

Quand les migrants font le job !

Analyse n°441 de Axel Winkel - octobre 2021 Citoyenneté et Participation


Depuis plus d’un an, la Belgique et le monde sont touchés par la crise sanitaire du COVID-19. Avec cette pandémie, nous avons été habitués à un nouveau vocabulaire : distanciation sociale, bulle, tracing mais aussi travailleur essentiel. Ce dernier terme est censé représenter les travailleurs et travailleuses sans qui la société ne pourrait surmonter la crise et survivre. On parle de ceux travaillant dans les secteurs de l’alimentaire, de la santé ou des transports. Ils ont continué à travailler dans les moments les plus durs de la crise alors que la majeure partie de la population était anxieusement confinée. Même si l’on reviendra sur la pertinence de ce vocable, ces travailleurs étaient applaudis tous les soirs à vingt heures aux balcons, Velux ou fenêtres. Cependant, il est important de rappeler, comme le faisait Elise Kervyn de Caritas International, qu’un applaudissement sur cinq était de facto destiné à des migrants.1 Elle voulait ainsi illustrer la part des migrants dans ce qu’on appelle les travailleurs essentiels et leur importance pour le fonctionnement de notre société. C’est cette question que nous allons analyser. À contre-courant des discours présentant les migrants comme un poids pour la société, nous allons voir en quoi ils ont contribué à surmonter une des crises majeures de l’histoire contemporaine, et continuent à le faire. Dans quelles proportions participent-ils aux différents secteurs jugés essentiels en Belgique ? Qu’est-ce que cela dit de notre « modèle » d’intégration ? En quoi la crise actuelle met-elle en lumière les freins à l’intégration des personnes étrangères ? Si les migrants ont donc joué un rôle important pendant cette crise, dans le même temps, la Belgique n’a pas toujours brillé par son attitude vis-à-vis des demandeurs d’asiles et des sans-papiers. L’attitude des autorités est même cynique. Des appels de plus en plus pressants se font d’ailleurs entendre pour régulariser les quelque 150 000 sans-papiers présents sur le territoire belge, les véritables sacrifiés de la crise actuelle. Ce sera le point critique de notre analyse. Si le COVID-19 a eu un seul impact positif, c’est de mettre en évidence notre interdépendance. À nous d’en tirer les leçons !

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1 E. Kervyn, « Durant le confinement, un applaudissement sur cinq revenait à un migrant », La Libre, 21 juin 2020, [en ligne :] https://www.lalibre.be/debats/opinions/2020/06/21/durant-le-confinement-un-applaudissement-sur-cinq-revenait-a-un-migrant-4OOGLJXOOJAFHFJPKWOWMUBUCU, consulté le 31 août 2021.


Politologue de formation, Axel Winkel est enseignant et chercheur au CPCP.

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